Elle entrait au bloc opératoire au milieu des gémissements de douleur et du silence de la peur. J’ai regardé sa main blessée, ses petits doigts qui avaient autrefois dessiné ses rêves sur le papier… J’ai compris qu’il n’y avait pas d’échappatoire à l’amputation.
J’ai hésité, essayant de résister à la décision, mais la blessure était plus profonde que l’espoir. Je me suis approché d’elle, j’ai vu dans ses yeux une peur plus grande que la douleur, et elle m’a dit d’une voix tremblante, comme si elle murmurait au destin :
« S’il vous plaît, docteur, ne le dites pas à ma mère… Je ne veux pas qu’elle soit triste. »
Ses mots m’ont transpercé le cœur comme un couteau froid.
J’ai subi l’opération, mes larmes cachées derrière mon masque. J’avais l’impression d’amputer une partie de sa vie, de son enfance, de son avenir qui commençait à peine.
Peu après, une femme a émergé des décombres, le visage pâle, la main complètement amputée. Quand je me suis approchée d’elle pour l’opérer, j’ai entendu son nom… c’était le même que celui de l’enfant.
Tout en moi s’est figé, comme si le temps s’était arrêté. Oh mon Dieu… c’était sa mère.
La petite fille a perdu sa main, et la mère a perdu la sienne… et mon cœur a perdu sa capacité d’endurance.
Comment une personne peut-elle endurer autant de douleur ?
Comment une main qui rêvait d’écrire, de planter et de toucher la vie peut-elle être ainsi arrachée ?
Comment une mère qui caressait et serrait ses enfants dans ses bras, craignant pour leur sécurité, peut-elle se retrouver sans main pour les tenir ?
Quelle douleur insupportable…
Ce ne sont pas des chiffres aux informations ; c’est un cœur brisé, des rêves anéantis aux yeux du monde.
L’occupation ne s’est pas contentée de tuer nos corps ; elle a implanté en nous des handicaps irréversibles et des fractures irréparables.
Et pourtant, nous disons : nous resterons ici, nous vivrons sur cette terre, et même si nous saignons, nous nous épanouirons dans notre douleur.
Gaza ne demande pas l’impossible…
Elle demande seulement de ne pas être laissée seule,
que le monde entende le cri d’une mère qui a perdu sa main et les larmes d’un enfant qui cache son amputation à sa mère.
Elle demande une humanité qui n’est pas encore morte.
Quelle cruauté de rester avec ces blessures physiques et psychologiques ! La douleur est immense et l’injustice impitoyable. Avec ce poids sur la poitrine, nous disons : nous resterons ici, nous vivrons ici ; c’est notre terre. Malgré les difficultés, nous deviendrons plus forts, plus déterminés et plus résolus.
Ne laissez pas Gaza seule ; Gaza a besoin des peuples honorables et libres du monde.
Dr Nasim
Gaza Palestine
Version originale :
حكايتي مع الطفلة ذات الستة عشر ربيعاً…
كانت تدخل غرفة العمليات بين أنين الوجع وصمت الخوف. نظرتُ إلى يدها المصابة، إلى أصابعها الصغيرة التي كانت يومًا ترسم أحلامها على الورق… أدركتُ أن لا مفرّ من البتر.
تردّدتُ، حاولت أن أقاوم القرار، لكن الجرح كان أعمق من الرجاء. اقتربتُ منها، لمحتُ في عينيها خوفًا أكبر من الألم، وقالت لي بصوتٍ مرتجفٍ كأنها تهمس للقدر:
« أرجوك دكتور، لا تخبر أمي… لا أريدها أن تحزن. »
كلماتها سقطت في قلبي كسكينٍ بارد.
أجريتُ العملية ودموعي تختبئ خلف الكمامة. شعرتُ أني أبتر جزءًا من حياتها، من طفولتها، من مستقبلها الذي كان للتوّ يبدأ.
وبعد قليل… جاءت سيدة من تحت الركام، وجهها شاحب، ويدها مبتورة بالكامل. عندما اقتربت منها لأجري لها العملية، سمعت اسمها… كان نفس اسم الطفلة.
تجمّد كل شيء داخلي، وكأن الزمان توقف. يا الله… إنها أمها.
الطفلة فقدت يدها، والأم فقدت يدها… وقلبي أنا فقد قدرته على الاحتمال.
كيف يتحمّل الإنسان كل هذا الألم؟
كيف ليدٍ كانت تحلم أن تكتب وتزرع وتلمس الحياة أن تُقطع هكذا؟
كيف لأمٍ كانت تمسح على رؤوس أطفالها وتضمّهم خوفًا عليهم، أن تُترك بلا يدٍ تحتضنهم؟
يا له من وجعٍ لا يُحتمل…
ليسوا أرقامًا في نشرات الأخبار، إنهم نبضٌ انكسر، أحلامٌ ذُبحت على مرأى العالم.
الاحتلال لم يكتفِ بقتل أجسادنا، بل يغرس فينا عاهاتٍ لا تزول، وكسورًا لا تُجبر.
ومع كل هذا، نقول: سنبقى هنا، سنحيا على هذه الأرض، وإن نزفنا، سنزهر من وجعنا.
غزة لا تطلب المستحيل…
تطلب فقط ألّا تُترك وحيدة،
أن يسمع العالم صرخة أمٍ فقدت يدها، ودمعة طفلةٍ تخبّئ بترها عن أمها.
تطلب إنسانيةً لم تمت بعد.
كم هو قاسٍ أن يُتركوا بهذه الجراح الجسدية والنفسية. ألمٌ عظيم، وظلم لا يرحم. ومع هذا الثقل في الصدر، نقول: سنبقى هنا، سنعيش هنا — إنها أرضنا. رغم الصعاب سنزداد قوةً وعزيمةً وإصرارًا.
لا تتركوا غزة وحيدةً؛ غزة بحاجة إلى الشرفاء والأحرار في العالم.
Dr Nasim
Gaza Palestine