Le TARWDA SHAMALI le chant des femmes de la Palestine depuis la révolution Palestinienne de 1936

Sep 2025 | Chansons / Musiques

Autrefois, les mères et les grands-mères chantaient cette chanson à leurs enfants, notamment pour les bercer, ou lors des moments de tristesse et d’adieu. Sa forme originale était « Sheel Sheel Ya Jamali, Sheel, dors Ya Zighiri et profite de la nuit ». Mais après les soulèvements palestiniens et l’augmentation du nombre de martyrs parmi les jeunes et les enfants, les mères ont reformulé les paroles, et la troïka est devenue une forme de résistance culturelle. La mère exprimait sa fierté pour son fils martyr malgré sa douleur et finissait de le bercer une dernière fois, signifiant que son fils n’était pas mort dans la foule, mais qu’il partait en héros, la tête haute, paré comme un marié. « Sheel Sheel Ya Jamali, Sheel ». Cette répétition confère à la troïka son rythme traditionnel bien connu, et le mot « Jamali » pouvait désigner soit celui qui porte le vent, soit le chevalier, voire le martyr lui-même, symbole de beauté et de courage. « Ya Hawatek Billah » : Une phrase implorant l’aide et la protection de Dieu, offrant une prière ou l’espoir que Dieu entoure le martyr ou celui qui lui fait ses adieux de sa tendresse et de sa chaleur. La mère et la peur de la perte… Le sang du martyr est parfumé à la cardamome. + Une image poétique très forte : la cardamome symbolise un doux parfum, et le sang du martyr est décrit comme pur et parfumé, expression de sa sainteté, non pas de la mort, mais de son apparence, de sa dignité et de son élévation. Cette troïka n’est pas seulement un chant, mais une incarnation de la condition palestinienne, où la mère envoie son fils non pas à la tête, mais au ciel. C’est une troïka d’adieu et de fierté à la fois, mêlant douleur et fierté, et ce type de chant se retrouve dans de nombreux foyers palestiniens, notamment lors des funérailles ou des adieux aux martyrs. Arrangement : Mustafa Shamboliyeh